Interview

FACE Yvelines : Interview de l’équipe

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Bonjour à tous, me revoici avec un nouvel article qui me permet de vous présenter ma dernière vidéo. Comme je vous l’ai promis dans plusieurs articles déjà, en Novembre dernier j’avais eu le plaisir d’accueillir l’équipe de FACE Yvelines pour nous en dire plus sur leur action et comment ils peuvent nous aider dans nos recherches d’emploi.

Montage, transcription de l’interview et beaucoup de procrastination plus tard, la voici enfin !

Je vous prie d’accepter toutes mes excuses pour la qualité de l’image et du son. C’est ma première interview, je n’étais pas dans mes conditions habituelles, pas pu tester la qualité avant, bref, je vous demande votre indulgence. Et pour ceux que cela dérangera trop, je vous fourni la transcription juste en dessous !

Bon visionnage !!

Introduction

Bonjour à tous, moi c’est Audrey du blog serial-jobbers.pro et comme je vous l’ai promis dans plusieurs articles déjà que vous avez pu lire, vous les retrouverez dans la barre d’infos si ce n’est pas le cas, aujourd’hui j’ai l’honneur d’avoir avec moi, l’équipe de FACE Yvelines avec qui tout a commencé, comme vous le savez.

Et donc l’idée aujourd’hui ben c’est d’en savoir un petit peu plus, savoir ce qu’ils peuvent vous apporter à vous et comment vous allez pouvoir, si le cœur vous en dit, les rejoindre.

Donc autour de la table, nous avons Clarisse Gorce-Marion, Laury Kifouri et Mohamed Mansouri, qui vont vous expliquer un peu leur rôle à chacun et nous allons passer une petite quinzaine de minutes ensemble pour en savoir un peu plus.

Qu’est-ce que FACE, à quoi il sert ?

Mohamed Mansouri : « FACE c’est la Fondation Agir Contre l’Exclusion qui est une fondation qui a été créée il y a 25 ans maintenant et en fait, l’idée qui a permis la création de la fondation elle est partie d’un chef d’entreprise qui s’est dit « comment moi, en tant que chef d’une grande entreprise je peux contribuer au développement social et sociétal et lutter contre l’exclusion à partir de mon activité économique. Et en fait c’est ça qui a créé la fondation, qu’il n’a pas créé tout seul, il est parti voir ses collègues et donc il a fédéré une quinzaine d’entreprises et c’est cette quinzaine d’entreprises qui ont créé la fondation en 1993, qui a été reconnue d’utilité publique en 1994 et qui aujourd’hui fédère à peu près une soixantaine d’entités locale sur l’ensemble du territoire national et 6.000 entreprises partenaires au niveau national. »

Mohamed, votre rôle dans cette fondation ? 

Mohamed Mansouri : « Moi mon rôle, je suis à la direction de la division FACE Yvelines depuis 10 ans environ et donc en fait le rôle de la fondation c’est d’accompagner les entreprises, fédérer les entreprises, les sensibiliser sur des questions de lutte contre l’exclusion notamment sur deux champs principaux d’action qui sont l’éducation, et puis l’emploi. Donc sur l’éducation concrètement,  c’est agir en faveur de l’inclusion scolaire et permettre de favoriser l’orientation des jeunes avec des programmes type « graine d’entreprise », type autour de l’accompagnement des jeunes en décrochage scolaire, type « speed dating métier », etc. Voilà, ça c’est pour la partie éducation. Ensuite pour la partie emploi, l’objectif, toujours en y associant les entreprises, puisque ce sont vraiment les entreprises qui vont agir, là on va pouvoir proposer des programmes d’action type « job académie », « parrainage », ce sont des salariés qui vont coacher, conseiller, des personnes dans leur démarche de recherche d’emploi, et surtout de leur apporter de la confiance. Voilà, le maître mot, c’est vraiment confiance et proximité auprès des personnes exclues ou en situation d’exclusion.»

Laury, quel est votre rôle dans toute cette organisation ? 

Laury Kifouri : « Je suis Chargée de Mission Emploi, j’accompagne tout type de personnes dans son employabilité. C’est donc les recevoir en entretien, leur donner des conseils pour trouver cet emploi et c’est aussi coordonner le parrainage en entreprise, leur proposer des immersions ou voir des rendez-vous métier avec un professionnel de l’entreprise. »

Et vous Clarisse, quel est votre rôle au sein de FACE Yvelines ?

Clarisse Gorce-Marion : « Alors moi depuis deux ans j’ai une équipe qui a grandi, donc je suis devenue Cheffe de projet et on est 5 au niveau de l’axe Emploi. Donc c’est mettre en place des actions, soutenir l’équipe, je fais de l’accompagnement aussi, de la relation entreprise, on travaille avec Mohamed, sur des projets et de la formation, puisque l’on se forme aussi pour pouvoir mieux accompagner les personnes qui nous sont orientées et puis s’arranger pour que toute l’équipe ait cette joie de travailler dans l’accompagnement. »

Qui peut prétendre à venir vous voir et venir se faire accompagner par FACE ?

Laury Kifouri : « Tout type de personnes. Alors côté écoles, ça va être des personnes scolarisées ou en décrochage scolaire, et côté emploi, des personnes de 16/18 ans à jusqu’à avant la retraite. »

Audrey : « Ce sont des gens qui n’ont plus d’emploi ou est-ce que n’importe qui, qui a déjà un emploi mais qui voudrait changer de carrière peut venir vous voir ? »

Laury Kifouri : « Ça se peut, mais c’est surtout ceux qui sont en emploi alimentaire qui ont un projet de cœur qui ne savent pas forcément par où commencer, donc nous on peut les accompagner, les conseiller et les faire rencontrer des personnes de l’entreprise peuvent leur apporter un regard sur leur projet. »

Quels sont les moyens d’action concrets ? 

Mohamed Mansouri : « Alors déjà on va recevoir la personne, on va effectivement prendre le temps de pouvoir l’accuaillir. La personne va se présenter, va présenter son parcours. On va également se présenter bien entendu, et après l’idée c’est que l’on va proposer à la personne, l’action qui va répondre à son besoin.Soit la personne est sur un besoin on va dire, d’accompagenment RH, donc là à ce moment là, on va plutôt lui proposer ce type d’accompagnement. Si la personne a besoin plutôt d’un accompagnement métier, la personne a besoin d’être mise à jour sur le métier qu’elle souhaite occuper, à ce moment là on va pouvoir lui proposer ce type d’accompagenment. Donc en fait on va ajuster le contenu de notre accompagnement par rapport au besoin de la personne. Mais vraiment ce qui est au cœur de l’accompagnement c’est encore une fois cette confiance, cette proximité, cette écoute, cette disponibilité et surtout, ce sont des personnes en entreprise qui vont apporter cette valeur ajoutée et cette connexion auprès des personnes. Nous, c’est ce que je dis auprès des équipes, nous on va être les Gentils Organisateurs mais effectivement c’est vraiment l’entreprise au travers de ses salariés qui va apporter cette valeur ajoutée et qui va faire que la personne va se sentir en confiance et va avancer dans son projet. »

Audrey : « Oui parce que comme je vous l’avez expliqué, FACE intègre des personnes au sein des entreprises,  c’est d’ailleurs comme ça que l’on s’est rencontrés et ensuite ce sont les salariés de l’entreprise, en tant que bénévoles qui vont aller prendre le filleul par la main pour l’accompagner selon son besoin. »

Est-ce que FACE n’est présente que dans les Yvelines ?

Mohamed Mansouri : « Alors on intervient sur l’ensemble des villes de France, sauf Marseille ! Je plaisante ! Non, effectivement le maillage de FACE est avant tout national. Donc on a effectivement des entités sur l’ensemble du territoire national, on a des entités à Marseille qui est en fait FACE Provence mais qui travaille sur la région de Marseille, on a Toulouse, on a Lille, Rennes, Nantes, Mulhouse, Saint-Etienne, Lyon, Bordeau, et sur l’Ile-de France, on a des entités sur l’ensemble des départements d’ile de France, donc Val-de-Marne, Seine-et-Marne, Paris, l’Essonne, le Val d’Oise, les Hauts-de-Seine et en fait FACE Yvelines c’est la première entité de la fondation à avoir été créée sur l’Ile de France, on a 20 ans cette année. Mais effectivement on est présent sur l’ensemble du territoire national donc on est en mesure de pouvoir proposer nos actions auprès des publiques qu’ils soient de Marseille, de Toulouse, de Rennes, de Nantes, voilà sur l’ensemble du territoire national et ce qui permet aussi à des entreprises, notamment des grands groupes, qui elles aussi sont présentes sur l’ensemble du territoire national d’avoir des partenariats. Donc une grande entreprise qui a un maillage national, qui souhaite travailler avec FACE , elle va pouvoir travailler sur tel ou tel territoire.

Audrey : « D’accord, donc où que l’on soit en France on peut trouver son partenariat. »

Mohamed Mansouri : « En principe oui, on devrait trouver un FACE quelque part. »

Audrey : « Et hors de France ? La Belgique, les pays limitrophes, francophones ? »

Mohamed Mansouri : « Effectivement on a quelques entités, alors pas autant qu’en France, mais on a quand même quelques entités à l’étranger, on a effectivement la Belgique, qui a été le premier club à avoir été créé à l’étranger, on a FACE Tunisie, qui a été créé. On a FACE Brésil. D’ailleurs chaque année on essaie de pousser le réseau à ce que l’on fasse un séminaire du côté de Rio, mais c’est un peu compliqué ! On a le Canada également. Et puis on a quelques projets, on a un projet du côté du Maroc, du Portugal. Donc voilà on est présent au niveau national mais on a également quelques entités à l’étranger. »

Lorsque les candidats viennent vous voir, quel est selon vous la plus grosse demande ?

Clarisse Gorce-Marion : « La demande, on rentre dans le bureau, c’est une demande d’un CDI, d’un emploi. Donc là bien sûr, ça on ne sait pas faire, donc le but c’est, en dehors de cette demande qu’on entend bien, c’est vraiment la confiance qui est perdue, donc c’est vraiment de permettre à la personne de retrouver confiance, par l’accompagnement que l’on met par la rencontre avec les salariés en poste et par ce que fait tout l’équipe de l’emploi. Donc bien écouter, comprendre entre les mots, comment travailler cette confiance qui va lui permettre de retrouver sa valeur. Et après comment la mettre en avant. Parce que bien sûr on va leur dire « on va revoir le CV » mais le CV ils l’ont revu 10 fois, mais le CV, ce n’est pas la première chose que l’on va travailler. C’est avant tout le projet, pour arriver au CV et quand on construit le CV, le discours se construit en même temps donc on essaie de leur montrer cette façon de faire, pour que demain ils aient un entretien, et ils soient à l’aise avec leur CVpar ceuq ‘uils ont un CV, ils ont un CV sur un parcours, mais aujourd’hui l’entreprise attend autre chose. Et puis on met surout en avant, parce qu’il y a un gros travail aussi à faire sur l’attitude. Aujourdh’ui on sait très bien que les compétences, quelqu’un qui n’a pas les compétences et qui a un super profil, on lui laissera plus sa chance que quelqu’un qui a complétement les compétences mais que l’ « on ne sent pas ». Donc ça aussi c’est leur montrer que l’attente de l’entreprise n’est plus la même, c’est le savoir-être. On a envie que la personne vienne et ait envie de venir. Donc c’est tout ce travail et en effet ça peut choquer. Tout à l’heure j’avais un directeur de communication, dans l’approche qu’on leur donne c’est un peu perturbant. Mais c’est entendu quand même et si c’est entendu alors là on avance et c’est super. »

Audrey : « Ça vous rappel quelque chose ? » (ndlr : j’entends par là tous mes articles qui vous répètent qu’avant de se jeter sur votre CV il est capital de faire un gros travail de réflexion sur quel est votre projet, qu’est-ce que vous voulez faire ? )

Une anecdote, positive ou négative ? Quelques chose qui vous a particulièrement marqué durant ces années passées chez FACE Yvelines ?

Mohamed Mansouri : « Alors on en a plein. Par exemple si on peut évoquer quelque chose c’est cette rencontre. C’est vrai qu’on a effectivement eu une action en commun, mais voilà, FACE c’est aussi des rencontres, c’est aussi des moments où on échange avec des personnes, on discute on apprend à se connaître à se découvrir, on apprend effectivement à partager des choses en commun, donc c’est ça aussi FACE, on intervient effectivement sur des actions d’emploi ou d’éducation mais avant tout c’est vraiment la rencontre de personnes qui sont issues d’environnement différents. Et donc toutes ces personnes là, elles se retrouvent au niveau de FACE pour un objectif qui est partagé, un objectif qui est commun. Et c’est ça la véritable force de FACE. C’est réunir toutes ces personnes là qui en temps normal ne seraient pas amenées à se rencontrer parce que chacun a sa trajectoire, chacun a son parcours de vie, et on les retrouve dans la maison FACE parce que justement ils veulent avancer ensemble  ou ils avancent ensemble dans le cadre d’un objectif partagé, un objectif qui est commun.

Après j’ai une petite anecdote aussi, c’est par exemple une dame qui est arrivée quand j’ai démarré, il y a quelques années en tant que chargé de mission emploi, on avait accompagné une personne qui avait entendu parlé de nous via un article de presse. Elle nous a donc appelé en nous expliquant avoir entendu parlé de nous et vouloir être accompagnée. Donc on la reçoit et on a mis en place un accompagnement d’emploi type parrainage. On l’a donc mise en contact avec un parrain qui l’a accompagnée pendant plusieurs mois. Tout s’est très bien passé, à tel point qu’elle a pu retrouver une activité. Donc elle a retrouvé un emploi sur le territoire de Saint-Quentin en Yvelines d’ailleurs. Et quelques années après, pas tout de suite, mais quelques années après, elle nous a recontactés pour nous dire « Je souhaite à mon tour redonner ce que j’ai eu ». Elle est donc devenue marraine et a, à son tour, pu accompagner des personnes et puis la vie d’une entreprise fait qu’elle a dût être mutée en province. Mais en tous cas elle nous avait recontactés pour devenir marraine et je trouve ça chouette parce qu’une personne qu’on avait pu accompagner à un moment donner là aussi elle redonne ce qu’elle a eu et je trouve ça vraiment chouette d’avoir ce type de témoignage. »

Pouvez-vous nous citez une véritable Success Story ?

Clarisse Gorce-Marion : « Je pense à deux cas, un jeune d’une trentaine d’années qui était vraiment enfermé chez lui durant 6 ans, addicte de jeux et qui nous a été orienté, et on lui a proposé un parrainage. C’est quelqu’un qui était dans le domaine de l’informatique. Et puis il est tombé sur un parrain de l’informatique et là il y a eu quelque chose qui s’est passé pendant la rencontre. C’est quelque chose que l’on ne peut pas anticiper mais là vraiment quelque chose s’est passé. Alors très vite il lui a dit « tu vas venir passer une journée avec moi » et de là très vite il l’a mis en immersion après il a eu des petits contrats et aujourd’hui il est en CDI. Donc ça a été je dirais « brutal » dans le déclic de cette personne, c’était vraiment immédiat.

Après il y a autre cas, veuf, perte de travail, cadre supérieur, au chômage, sans aucun revenu, le Restaurant du Cœur et tout ce qui s’en suit. Donc à la base un super profile et puis la descente aux enfers par la succession d’accidents. Et il est arrivé là en démarrant très fort et nous parlant avant tout de son veuvage et de tout ce qu’il avait besoin de dire de pesant. Et puis il est rentré en parrainage sans plus attendre grand-chose, mais en se disant « bon je vais tenter ». Il s’est retrouvé avec un parrain qui n’était pas du tout dans le même métier, mais le courant est passé. C’était aussi à la base quelqu’un qui faisait beaucoup de démarches, qui écoutait ce qu’on lui disait  et qui y allait et là il s’est retrouvé en simulation d’entretien avec la directrice des ressources humaines du château de Versailles. Et là son profil lui a paru intéressant parce que son mari était lui aussi dans le domaine du vélo et du coup il y a eu une rencontre et bien aujourd’hui, voilà, il est reparti.

Alors que vraiment, tel que ça partait, on pensait vraiment pouvoir l’amener à reprendre confiance, mais pas à l’emploi. On a beaucoup de gens pour lesquels on se dit «  le travail peut être long, et puis d’autres pour lequel le travail promet d’être court et au final il est très long parce qu’il y a des choses que l’on n’a pas identifiées au démarrage.

Mais on a de très belles histoires, et heureusement, c’est ce qui nous nourri et qui nous fait réaliser que c’est possible surtout. »

Une petite conclusion ?

Clarisse Gorce-Marion : « Pour moi, c’est gardez confiance et surtout faites vous accompagner, quelque soit la structure. On ne reste pas seul face au chômage, l’ordinateur ne vous répondra jamais. Un accompagnement, le fait de rencontrer des personnes est très important. On a aussi la cité des métiers qui est très riche, qui est vraiment un partenaire idéal.

Faites confiance, il y a des gens qui sont là pour vous aider. »

Laury Kifouri : « Ouvrir (ndlr : et nourrir) son réseau c’est important aussi »

Audrey : « En effet FACE c’est aussi un moyen de nourrir son réseau parce que les filleuls sont amenés à se rencontrer dans un autre cadre. »

Laury Kifouri : « Et les parrains peuvent aussi contribuer en ouvrant leur réseau aux filleuls. »

Mohamed Mansouri : « Et moi ce que je dirais, c’est que personne ne doit se sentir en situation d’exclusion et que FACE est là, modestement bien sûr pour apporter des solutions ? Mais personne ne doit être dans cette situation ou se sentir en situation d’isolement, d’exclusions, parce qu’après ça peut être très compliqué. Donc nous on essaie avec les entreprises, avec les partenaires parce qu’on n’est pas tous seuls, il y a toute une force, tout un mouvement, qui est là pour apporter des solutions auprès des personnes. Et ça vraiment, il faut que les personnes qi nous écoutent, passent le pas et puis nous nous seront là pour les aider, pour les accompagner, parce qu’li y a des personnes qui veulent s’engager, qui prennent du temps et c’est important de donner la parole et rendre visible des problèmes qui ne sont pas évidents à montrer. »

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